GIMP : Rendre transparent le fond uni d’une image

Manchot empereurUn dessin récupéré sur Wikimédia Commons, une signature scannée depuis une feuille de papier, un logo enregistré dans le catastrophique format Jpeg, voici quelques exemples d’images dont le fond gagnerait à être ôté. Pour cela nous allons utiliser GIMP avec une des nombreuses techniques de détourage que ce logiciel propose.

Nous prendrons comme exemple un dessin de Roger Sperberg issu de Wikimédia Commons : un manchot empereur, comme c’est original !

Comme vous le constatez, ce dessin est enregistré au format Jpeg (normalement plus adapté aux photos pour un affichage sur écran). Le format PNG, qui permet de gérer uniquement les couleurs réellement présentes, et surtout dont la compression n’abîme pas le contenu, aurait été plus judicieux. De plus, le PNG gère une couche alpha permettant la transparence et même la translucidité. Cela permettrait, par exemple, de retirer le fond blanc pour coller le dessin sur un fond de notre choix.

C’est ce que nous allons faire ici-même en utilisant un masque de calque.

Nous utilisons ici la version 2.6.12 de GIMP. Sachez que cela fonctionne aussi avec la toute nouvelle version 2.8 et que la seule différence pour ce tutoriel concerne l’enregistrement de l’image. Cette différence est expliquée en fin de tutoriel.

Ajouter un canal alpha

Récupérez et ouvrez l’image dans GIMP.

Vous pouvez copier l’URL directement dans GIMP en passant par Fichier>Ouvrir suivant l’emplacement. GIMP se charge alors de télécharger l’image et de l’ouvrir.

Une image est composée de calques. Il y en a au moins un, nommé « Arrière-plan » et c’est le cas à chaque fois que vous ouvrez une image d’un format ne gérant pas les calques (donc tous sauf XCF, PSD et OpenRaster).

Si l’image d’origine n’a pas de canal alpha, alors le calque « Arrière-plan » n’en aura pas non plus (c’est forcément le cas avec une image Jpeg). La première étape, dans l’optique de supprimer le fond, donc de le rendre transparent, est d’ajouter un canal alpha au calque.

Depuis la fenêtre des Calques cliquez du bouton droit sur la vignette du calque concerné et choisissez Ajouter un canal alpha. Notez que si le calque possède déjà un canal alpha, cette fonction est grisée.

Ajouter un canal alpha

Ajouter un masque de calque

Le masque est une image en niveaux de gris associée à un calque. Le masque agit sur le calque par multiplication : considérez que le noir vaut zéro et le blanc vaut un. En multipliant un pixel du calque par zéro, ce dernier disparaît (le résultat d’une multiplication vaut toujours zéro). En multipliant un pixel du calque par un, ce dernier n’est pas affecté (c’est la principe de la multiplication par un). Entre zéro et un les pixels sont partiellement affectés et tendent à disparaître lorsque le pixel correspondant dans le masque tend vers zéro (le noir).

Donc, du noir dans le masque va faire disparaître la zone correspondante dans le calque et du blanc va le préserver.

Ici nous voulons créer un masque qui fasse disparaître tout le blanc dans le calque (on pourra détailler par la suite si l’on veut garder certaines zones blanches tout de même). Le plus simple est que le masque contienne une copie du calque. Cette copie doit être inversée sinon, cela masquera le sujet et conservera le fond.

Pour créer un masque, vous pouvez passer par le menu contextuel de la fenêtre des Calques (comme pour le canal alpha précédemment), et choisissez cette fois Ajouter un masque de calque. Une fenêtre vous propose plusieurs choix pour initialiser le masque (sachant que vous pouvez le modifier par la suite). Nous choisissons ici un masque créé à partir d’une copie du calque en niveaux de gris que l’on inverse.

Créer un masque de calque

Le résultat est déjà très intéressant. Il est possible de l’améliorer en travaillant sur le masque (ainsi l’on ne touche pas au calque).

Travailler sur le calque ou sur le masque

Regardez dans la fenêtre des calques. Il y a désormais deux vignettes sur la ligne du calque « Arrière-plan ». La première représente le calque. La seconde concerne le masque.

Regardez de près ! La vignette du masque est encadrée d’un liseré blanc. C’est donc le masque qui est actif. Cela signifie que toutes les actions que vous effectuez vont affecter le masque et non le calque. Pour agir sur le calque, il faut le rendre actif en cliquant sur sa vignette.

Le calque et son masque

Agir sur le masque

Dès lors, vous pouvez, par exemple, peindre en blanc le masque pour faire apparaître le ventre du manchot. Et si vous débordez, il suffit de peindre en noir pour corriger.

J’aime beaucoup cette manière de faire, elle montre bien que rien n’est irréversible. Vous pouvez affiner votre masque, en faisant des erreurs puis en les corrigeant, sans jamais annuler une seule action.

La couleur de premier plan est utilisée par tous les outils de peinture. Il peut être fastidieux d’aller cliquer dans la boîte à outils à chaque fois que vous voulez intervertir le blanc et le noir. Le raccourci clavier [X] devrait grandement vous soulager de ce fardeau.

Exporter vers le format adéquat

Il faut maintenant enregistrer ou exporter votre travail pour un usage futur dans un autre logiciel (sur une page Web par exemple). Il existe une nuance sémantique entre enregistrer et exporter.

Enregistrer fait référence à conserver une copie en l’état de votre travail pour le reprendre par la suite. Dans GIMP on enregistre donc au format XCF, son format natif.

Exporter implique que l’on va produire une version dédiée à un usage précis (affichage à l’écran, insertion dans un document papier, etc.). On va donc utiliser un format adapté. Ici le format PNG se prête aux caractéristiques de l’image : peu de couleur, de la transparence. Le Jpeg est à proscrire dans presque tous les cas du fait de la dégradation qualitative de l’image qu’il contient. Le Jpeg ne devrait être utilisé que pour des photos affichées sur le Web, son unique avantage étant le faible poids de ses fichiers.

GIMP 2.6 ne fait pas la nuance entre « enregistrer » et « exporter ». Il faut donc passer par le menu Fichier > Enregistrer sous puis choisir le format PNG (ou changer l’extension en .png).

GIMP 2.8 fait cette nuance et propose deux menus différents. Enregistrer ne vous donnera accès qu’au seul format XCF.

Cet article a été publié dans Linux Pratique Essentiel n°25 sous les termes de la licence CC BY-NC-ND.

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